Sophie Caron : de l’énergie à revendre pour CreativeMornings MTL!

Comment débuter la journée de façon motivante pour finir la semaine inspirée?

La motivation, c’est bel et bien l’effet ressenti vendredi matin après avoir assisté à cette bombe d’énergie qu’est Sophie Caron au Théâtre Paradoxe. Cette pro de l’impro a su me charmer dès les premières minutes, et c’est gonflée à bloc que je suis entrée au boulot pour terminer la semaine en beauté!

C’est d’un Alléluia sonore que la joueuse professionnelle exprime l’illumination ressentie lors du visionnement du tout premier match d’impro de la LNI, alors qu’elle n’était qu’adolescente. Depuis, elle n’a cessé de pratiquer cette activité et détient maintenant plusieurs records dans la Ligue Nationale d’Improvisation, où elle joue professionnellement depuis 1995.

« La collaboration : l’impro, ce n’est que ça »

Le thème de ce mois-ci, la collaboration, colle très bien à l’activité favorite de notre conférencière. Comme s’exclame Sophie, « La collaboration : l’impro ce n’est que ça »! Elle enchaîne ensuite avec la description des 5 éléments vitaux qui assurent une bonne collaboration dans chaque improvisation :

  • L’écoute
  • L’autre
  • Se connaître
  • Accepter
  • Faire confiance
Illustration de Stefano Di Lollo

Illustration de Stefano Di Lollo

En expliquant les approches particulières de certains joueurs connus, Sophie explique comment il faut savoir adapter son jeu à l’univers des autres sans toutefois se dénaturer. Avec Réal Bossé, l’action et les pirouettes sont à prévoir, alors que les improvisations de Salomé Corbo sont plus cérébrales et celles de Laurent Paquin demandent d’avoir la langue bien dégourdie, car les jeux de mots fusent de partout.

Et dans mon équipe?

Le même principe s’applique également au bureau et à toutes sortes d’équipes. Alors que chaque personne a son propre rythme et ses façons de faire, il faut savoir s’écouter pour mieux collaborer, ouvrant ainsi la porte à de nouveaux apprentissages des trucs et astuces de nos collègues, mais également à des échanges constructifs.

Faire confiance à ses coéquipiers nous emmène au dépassement de l’équipe et de chacun de ses membres. Plus l’équipe se connaît, plus ses processus sont bien encrés et plus la collaboration devient innée. Cependant, il ne faut jamais perdre l’objectif commun de vue et ne pas hésiter à réaligner le tir, le cas échéant. Tout comme chaque membre, l’organisation n’est pas quelque chose de statique, il faut lui permettre d’évoluer et de grandir à travers les forces de son équipe.

Les 3 ennemis : Doute, refus et jugement

Ces éléments nuisent au bon développement de l’histoire pendant un match d’improvisation puisqu’il faut rapidement instaurer un contexte solide et que chaque parole devient une vérité absolue qui ne peut être remise en question.

team-photoAu travail, les questions bien formulées peuvent emmener un employé plus loin, lui permettant de réfléchir à toutes les options possibles pour proposer la meilleure solution, ce qui s’avère très positif. Cependant, lorsque ces questions sont posées dans le but de déstabiliser et de valoriser son opinion au détriment de l’autre, celui-ci peut se sentir rabaissé et la relation en prend un coup.

AQTC et biorythme

Sophie enchaîne ensuite avec un projet qui lui tient à cœur, des ateliers d’improvisation effectués auprès de l’Association Québécoise des Traumatisés Crâniens. À première vue, il peut sembler complexe d’adapter cette activité très physique et cérébrale à des gens ayant des rythmes de jeux et de compréhension bien différents les uns des autres, mais à l’aide de la notion de « biorythme », développée à travers les ateliers, ce challenge est surmonté.

L’improvisatrice professionnelle nous explique à l’aide d’exemples comment elle a emmené un hyperactif très volubile à collaborer avec une personne en fauteuil roulant souffrant de troubles de la parole. En comparant le biorythme du premier à une musique techno très rapide avec celui de la deuxième à une chanson tranquille de reggae, Sophie met en lumière le besoin d’adapter son rythme de jeu à l’autre pour le laisser pleinement s’exprimer. Elle a d’ailleurs été témoin de l’épanouissement de cette deuxième joueuse à travers un match d’improvisation où elle a pu pleinement prendre le temps d’articuler ses pensées, à son propre rythme.

Il est donc important, dans toutes les sphères de collaboration, de bien laisser l’autre s’exprimer et de prendre le temps de l’écouter attentivement sans avoir constamment le besoin d’en ajouter à sa place. La notion de biorythme peut ainsi être appliquée dans des contextes variés.

Dernière improvisation de nature chantée ayant pour thème : réponse aux questions du public!

Cette présentation se termine de façon improvisée alors que la conférencière qui détient toute une voix, et plusieurs prix pour le prouver, répond à une question du public en chantant, à la demande de notre hôte et arbitre, Louis-Félix Binette.

Quelques notes sur le concept

Le fonctionnement de CreativeMornings reste relativement simple : une miniconférence et un petit déjeuner, de 8:00 à 9:30, un vendredi par mois. Cet événement gratuit et ouvert à tous est idéal pour finir la semaine sur une note créative en ne manquant pas trop le travail! Chaque mois, un thème différent est fourni par le Bureau Chef à partir duquel chaque ville doit s’inspirer pour trouver son invité.

120 villes créatives

CreativeMornings a pris de l’ampleur depuis sa création en 2008 à New York. Tina Roth Eisenberg avait un désir bien précis en lançant ces événements : une activité rassembleuse et accessible à tous les membres de la communauté créative. Depuis, plus de 120 villes ont emboîté le pas à travers les 6 continents et Montréal en fait fièrement partie depuis mai 2013.

On s’y voit le 28 août? Thématique : l’action!